POMOLOGIE initiationBauhinDuhamel du Monceau,1732,"Traité des arbres fruitiers".Jean Bauhin(portrait), premier pomologue à avoir gravé des fruits sur bois pour ses ouvrages, 16 e siècle.

 

POMOLOGIE initiation.

"Les variétés fruitières anciennes MERITANTES présentent un important réservoir génétique qu'il faut préserver. "

Jean-Louis Choisel, 1978.

 camionfruits Dans le cadre de l'identification des pommes:

 INITIATION à la POMOLOGIE.asticotgifréalisé par choisel jean-louis.

INTRODUCTION.-0- ©

tomb6gif100 ©choisel 2000

Il convient de faire la différence entre l’arboriculture fruitière et la pomologie.

L’arboriculture consiste à cultiver les fruits alors que la POMOLOGIE est l’art de les étudier. Contrairement à l’arboriculture qui a ses règles bien établies(plantation, taille, traitements,…) la pomologie n’a aucune limite, on y découvre toujours des éléments nouveaux parmi lesquels peuvent intervenir l’histoire locale ou nationale, voire mondiale, les us et coutumes, l’art graphique, la gastronomie, la littérature, les langues étrangères, l’histoire naturelle, etc. Si bien que nos ancêtres pomologues émérites n’ont jamais atteint la finalité de cet art passionnant aux multiples facettes et ce sera la même chose pour nous.

Il y a deux manières d’aborder la pomologie :

-L’étude de l’arbre et du fruit=surtout dans les vergers conservatoires

-L’étude du fruit= loin du verger, dans les expositions, lors d’apports de fruits par des visiteurs .

Le premier aspect concernant l’arbre fruitier consiste à étudier les feuilles, les rameaux (couleurs de l’écorce, lenticelles, yeux, etc…), le port de l’arbre, sa vigueur, la fertilité, la floraison, les résistances ou les faiblesses, … On fera l’étude sur des rameaux de un ou deux ans.

Je ne donnerais, plus tard, que quelques notions utiles. Précisons que les teintes de l’écorce, des feuilles, des fleurs peuvent être sujets à variations pour une même variété selon diverses causes, parfois imprévisibles provoquant ,ainsi, des erreurs d’interprétation.

L’ETUDE DES FRUITS :

Il faut d’abord considérer trois types de fruits :

-Les fruits qui ont été " baptisées ", homologués par des sociétés, des congrès pomologiques. Ceux-là ont laissé des traces dans la littérature pomologique ancienne. Nous pouvons donc tenter retrouver leur " état civil ".

-Les variétés paysannes, locales qui n’ont jamais été homologuées et, qui, d’un village ou d’un terroir à l’autre, portent des noms locaux, voire en patois, qui peuvent différer.Parfois nous avons la chance de découvrir qu’un érudit du cru a, en son temps, eut la bonne idée de décrire ces fruits, ou simplement de les citer dans un recueil rarissime.

-Les variétés de semis du hasard trouvées dans une haie, un bois, un compost, …Certaines sont intéressante, d’autres sont insipides, amères, acides, même pas bonnes à presser du cidre. Elles n’ont pas de nom. D’autres peuvent être des semis qui reproduisent en bonne partie les caractères de la variété mère, surtout lorsque celle ci n’a pas été pollinisée par du pollen d’une autre variété(auto-fertilité). Certains pourront alors dire qu’ils sont en présence d’un clone.( Parfois il peut y avoir mutation sur l’arbre).

Il existe deux catégories de pommes et de poires :

-A cidre.

-De table dites aussi à couteau ou à croquer. Celles-ci peuvent être désignées " à deux fins ", la seconde fin étant l’utilisation pour jus, cidre, pâtes de fruits, fruits tapés, fruits séchés en quartiers, etc…

 

INITIATION à la POMOLOGIE-suite-

Lorsqu’on veut étudier , par exemple, des pommes du même arbre il importe d’en prélever

environ cinq ou six en diverses parties : sous les feuilles(ombre), hors des feuilles(insolation). Souvent les variétés présentent des variabilités(couleurs, forme, pédoncule, cuvettes) c’est pour cela qu’il importe d’en tenir compte lors de cette récolte. On recueillera des fruits bien typés en même temps que leurs variations afin de travailler en vue d’ un maximum de chance d’identification.Un fruit à identifier doit être mûr, surtout s’il y a des photos à prendre.

Nous voyons donc qu’une même variété peut, par exemple, appartenir à la fois à la famille des Api et à celle des Rambour. On pourra récolter une pomme toute jaune à côté d’une sœur rouge. Ce ne sont là que quelques exemples. La chair, par contre, semble rester stable en teinte pourvu qu’elle soit observée à bonne maturité, car avant elle peut-être verdâtre. Le taux en sucre peut varier selon la présence de potasse, par exemple.

Toutes ces variations nous montrent que les méthodes d’identifications passées et actuelles ne sont pas parfaites, elles ne font que dégrossir le travail. Citons la méthode J.Vercier(le précurseur éclairé de la méthode codée )éditée en 1934, et qui inspire encore de nos jours la bonne majorité des amateurs et des professionnels.

L’informatique (1) ne mène pas à la panacée mais constitue un plus surtout si on a soin de considérer des critères utiles non utilisés jusqu’à ce jour et qui réduisent ainsi le champs des recherches.On peut rêver à un moyen d’identification supposé plus précis,comme la génétique, encore faut-il que le chercheur sache que tels gènes correspondent à telle variété. Si personne ne lui donne le nom de cette variété auparavant il ne pourra pas la nommer.Mais, après renseignements pris auprès du CNRS, département de palynologie il s’avère que " ..le pollen de pomme n’est pas déterminable, on ne peut qu’indiquer la famille des Rosacées qui ne comporte pas que les arbres fruitiers(domaine très vaste). Ceci démontre donc que la connaissance des noms des variétés anciennes ne dépend que de ce que nous ont transmis nos aïeux pomologues et leur bibliographie pomologique.Ceci en tenant compte que même d’éminents pomologues d’autrefois, pourtant bien plus qualifiés que nous, n’étaient pas à l’abris d’erreurs comme j’ai pu le constater bien des fois en découvrant des différences de descriptions pour une même variété ceci me forçant à de vraies enquêtes policières pouvant durer, parfois, des années avant de découvrir la vérité .C’est le charme de la pomologie ! si nous savions tout il n’y aurait plus ce moteur qui nous entraîne à la saine passion.

Jean-Louis CHOISEL.

(1)Voir la méthode d’identification pommes mise au point en 1987, et sur informatique, par l’auteur de cette introduction.Cette méthode tient compte des nombreuses variabilités d’une même variété et analyse des critères non utilisés dans d’autres méthodes.

REPONSE de Jean-Louis CHOISEL à Paul OLIVIER concernant la REINETTE (bulletin n° 91):

Vous avez raison, c'est la grande anarchie chez les anciens pomologues qui n'ont respecté aucune norme afin de baptiser les variétés fruitières, surtout chez les pommes. Mais peut-on parler de norme. Norme qui, d'ailleurs, ne peut pas être normalisée chez les pommes puisque pour une variété donnée, récoltée sur un même arbre, nous pouvons rencontrer d'énormes différences entre les fruits. Exemples non limitatifs : Une même variété pourra fournir des fruits du type Api(en forme de disque et loge de l'oeil mamelonnée) et d'autres du type Rambour(plus haute et conique avec loge de l'oeil mamelonnée). Un autre exemple chez Reinette du Mans (ancienne De Jaune)on rencontre des fruits sphéroïdales et d'autres coniques ce qui a fait dire à certains, et bien à tort, que De Jaune et Reinette du Mans étaient différentes .

En 1937, dans sa "Pomologie", Constant Houlbert a bien tenté de classer les pommes de table en Sections et en sous-Sections, se basant sur les formes de fruits. Mais cela ne peut-être que théorique, l'observation pratique étant différente.

C.Houlbert à donc imaginé deux SECTIONS:

1°)les REINETTIFORMES dont la cavité oculaire a le pourtour uni. Ce serait parfait si l'auteur n'incluait pas dans sa liste des variétés à cavité bosselée, mamelonnée, plissée au pourtour comme à l'intérieur.

2°)les CALVILLIFORMES dont la cavité oculaire est calvillée, bosselée, mamelonnée, ...

 

Dans la section REINETTIFORME l'auteur a imaginé des sous-Sections: Disconnes, Cyrtonnes, Reinettes, Parmaines, Passeronnes, Lagonnes.

 

Pour Houlbert une REINETTE doit être aussi large que haute et être régulière avec cavité oculaire unie. Son exemple type de variété de cette sous-Classe est : Reinette de CAUX.(Consultez Leroy, n°384: Fruits plus larges que haut, cavité de l'oeil à bords unis ou faiblement ondulés).

Parmi les Reinettiformes désignées par l'auteur citons: Belle de Boskoop(Reinette et aussi Parmaine), Astrakan Rouge(Reinette), ... Bon ! disons que cet essais, même imparfait, n'est pas négatif. Dans ce que l'homme entreprend il y a toujours le côté positif à considérer.

 

Si vous consultez LEROY de 1873, page 614 vous voyez que le premier terme "REINETTE" apparaît en 1540 sous la plume de Charles Etienne pour désigner la Reinette Franche.

D'après Ménage, en 1650, "REINETTE dérive de "reginette", diminutif de "regine", pour dire "Reine des Pommes". Ou c'est un dérivatif de "ranatta" car des pommes Reinettes sont marquées de petites taches comme sur les grenouilles".

Pour André Leroy une pomme ne doit son nom de REINETTE qu'à sa grande bonté.

 

Le terme Reinettiforme englobe donc un ensemble de critères pas forcément compatibles : Exemples(selon Houlbert): Reinettiformes Plates (les Disconnes symètriques, les cyrtonnes côniques). - Reinettiformes Sphéroïdales (les Reinettes symètriques, les Parmaines côniques). - Reinettiformes Allongées (les Passeronnes symètriques , les Lagonnes côniques).

Je crois que lorsqu'on veut décrire une variété il importe de dire ce que l'on voit. Exemple, en prenant le pied à coulisse, on observe que le fruit est plus large que haut (bien que parfois l'oeil nous le fait voir plus haut). Puis on remarque si la loge de l'oeil est unie ou plissée ou mamelonnée,..., puis le pourtour du fruit est-il irrégulier ou non ? des côtes descendent-elles depuis la loge de l'oeil?...etc.

 

Vous trouverez plus d'élément dans le cdr "Chercheur de pommes et de poires".

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